Snep UNSA

25 septembre 2019
Les 'bons comptes' de Formiris font 'les bons amis', est-ce que ce sont les enseignants ?
Notre syndicat dénonce régulièrement les abus du dispositif Formiris (voir ICI) . La publication des comptes financiers est encore l'occasion de le faire. Les enseignants ont besoin de formations à caractère professionnel et se moquent bien des intérêts de telle ou telle personne agissant au nom d'une église ou d'un "syndicat". Il ne faut pas, selon nous, tout mélanger.
Quand le ministère veut former les enseignants des établissements publics du 1er degré (sources ICI
et ICI), il prévoit 847 Mi pour la formation initiale et continuée et 17 Mi de fonctionnement.
- 2% de l'enveloppe sert pour le fonctionnement,
- Le taux de départ en formation est de 80 %,
- Le temps passé en formation (hors celui prévu par les obligations de service) est d'environ 4 jours.
Quand il veut former les enseignants du 2nd degré du public, il prévoit 646 Mi pour le formation et 31,5 Mi de fonctionnement (source ICI).
- 4% de l'enveloppe est destiné au fonctionnement,
- le taux de départ est de 66%,
- le temps passé en formation est d'environ 3.6 jours en moyenne.
Les formateurs sont formés, certifiés par un diplôme (CAFIPEMF et CAFFA).
Pour la formation des enseignants des établissements privés sous contrat, sous tutelle du ministère, une convention est passée avec FORMIRIS (les représentants des évêques, la Fep-Cfdt, le Spelc et le Snec-Cftc). Près de 47 Mi d'euros leur sont versés.
- l'association 'SGEC' décide qui sera formateur et comment (la question de la légalité est posée au Conseil d'Etat),
- Formiris s'arroge le droit de décider du plan de formation (en toute illégalité),
- Formiris s'arroge le droit de décider qui part ou ne part pas en formation (en toute illégalité),
- 25 Mi d'€ seraient utilisés, réellement (à vérifier), pour les formations,
- 16 Mi d'€ seraient des frais de fonctionnement,
- l'association réaliseraient 4 Mi d'€ de bénéfice
- 28 Mi d'€ sont placés sur des comptes en banque
- Un patrimoine foncier est évalué à 1.4 Mi d'€
- Un patrimoine immobilier est évalué à 4.8 Mi d'€
- Le taux de départ serait de 30% à 50%
Voir ici notre enquête auprès des collègues sur le dispositif actuel (ICI)
Dans le même Formiris fait la promotion de "formations" probablement intéressantes pour elle :
- Le fait religieux (ici)
- Le fait religieux, la religion et la sexualité(ici) ("La méthodologie de l’enseignement du fait religieux posera le cadre d’une réflexion exigeante où l’histoire de la sexualité pensée par les religions sera l’exorde de notre sujet"
C'est probablement la déclinaison de la position sarkozyenne de la supériorité du curé sur l'instituteur.
L'association "SGEC" met en ligne un catalogue d'ouvrages en direction des enseignants qui lui est chaudement recommandé par l'association "Formiris" (https://ec-boutique.fr/ ). Pas de petits bénéfices, on est jamais mieux servi que ... par soi même.
Pourtant, dans l'ordre, les attentes des collègues (ici) sont :
- le renforcement pédagogique et didactique (17% des attentes),
- la prise en charge des élèves à besoins particuliers (15%)
- la mise en œuvre des programmes (12%),
- l'expertise disciplinaire (10%),
- La prise en charge des élèves à comportement hautement perturbateur (10%)
Les représentants des évêques et ceux des 3 syndicats qui leur sont liés par un "accord professionnel sur l'emploi dans l'enseignement catholique" (non reconnu par la justice administrative) ont trouvé là un bon fromage et les enseignants n'ont pas fini de chercher des formations intéressantes.
Pourtant les dispositifs qui devraient s’appliquer « également et simultanément » selon la loi (ici) : GAIA et IMAGIN sont opérationnels dans toutes les académies.
C'est pourquoi la légalité du dispositif mis en œuvre (ICI), le dispositif opaque qui permet d'obtenir la qualification de "maître formateur" (voir ICI, ICI) sont posées au Conseil d'Etat. Nous espérons qu'il mettra fin à ce dispositif destiné surtout à servir ceux qui l'ont mis en place.

















