Snep UNSA

28 août 2019
« Reprise en main » de la formation des enseignants par l’Éducation Nationale ? Pas certain.
L’objectif de la mastérisation était de confier la formation des enseignants à l’université, et de lui donner une dimension universitaire. Le positionnement des concours de recrutement en fin de master change complètement la donne. Les deux années de master MEEF vont devenir une (longue) préparation au concours, et la formation au métier d’enseignant va être repoussée à l’année de stagiairisation, après l’obtention du master. C’est donc la fin de la formation des enseignants à l’université qui se profile.
Bien sûr l'argument selon lequel la préparation aux concours peut aussi contribuer à la préparation au métier est recevable. Toutefois, il faut entendre le point de vu, d'étudiants mais pas seulement, selon lequel ce n’est qu’à partir du moment où des stagiaires ont réellement pu prendre des élèves en responsabilité que leur formation professionnelle a réellement commencé.
le recul du concours va permettre à l’Education Nationale de belles économies budgétaires en repoussant d’un an la stagiairisation. C’était sans doute l’argument décisif. placer le concours en fin de master 2, c’est clairement dessaisir l’université de la formation des enseignants et redonner la main aux rectorats et aux inspections pédagogiques régionales.
Pour les futurs enseignants, agents publics, des établissements privés sous contrat, dont le ministère s'est défaussé de la formation professionnelle dans des vagues "instituts supérieurs de formation de l'enseignement catholique" (ISFEC). Instituts qui se comptent à peine sur les doigts de la main, aux quatres coins de la France, cela veut dire un peu plus de déplacements, de Clermont-Ferrand vers Nantes, de Grenoble vers Lille, ...
Le bilan carbone ? mauvais ! La fatigue, importante ! le coût financier, excessif ! Le bilan pédagogique, mitigé !
Une année de plus à voyager alors ... que les infrastructures existent dans l'académie voire même le département avec les INSPE. Certes certains vont discuter du choix des formateurs qui pourraient désormais être plus contrôlé par le rectorat. Toutefois, le choix des formateurs dans ces ISFEC est pour le moins opaque car le Rectorat ne s'y implique pas. D'où nos actions auprès du Ministère (ici) et du Conseil d'Etat (ici)
Là où on pourrait attendre, une rationalisation du dispositif de formation par la reprise en main de la formation venant de l’État, il est probable que le ministère continuera de se défausser et laisser les jeunes collègues continuer à se fatiguer une année de plus et à payer de leur poche un peu plus puisque soumis à des enjeux, ceux de l'Eglise catholique, qui ne sont pas les leurs.
La planète et ses capacités limitées ... n'en parlons pas.
Le schéma mis en place : Les épreuves, aujourd’hui situées à la fin du master 1, se dérouleront un an plus tard à partir de 2022. Cette réforme concerne les étudiants entrant en master à la rentrée 2020, pour les concours de professeur des écoles et des CAPES

















