Snep UNSA
18 juin 2026

FORMIRIS : Le rapport de la cour des comptes confirme les alertes portées depuis des années par le Snep UNSA

Le rapport de la Cour des comptes sur Formiris et ses associations territoriales (exercices 2018-2025) constitue un document extrêmement critique sur la gestion des fonds publics destinés à la formation des enseignants du privé sous contrat. La Cour ne se contente pas de relever des dysfonctionnements ponctuels : elle décrit un système globalement marqué par des irrégularités juridiques, des conflits d’intérêts structurels, une influence dominante de la Conférence des évêques de France à travers son organe opérationnel, le SGEC (Secrétariat général de l’enseignement catholique), des manquements répétés à la commande publique, une opacité financière persistante et un contrôle insuffisant de l’État. 


Le rapport de la Cour des comptes sur Formiris et ses associations territoriales constitue un véritable séisme dans le paysage de la formation des enseignants du privé sous contrat que les intéréssés présentent sous le couvert du paritarisme.


Pendant des années, le SNEP-UNSA a alerté sur les dérives de fonctionnement de cet organisme chargé de gérer des dizaines de millions d’euros de fonds publics destinés à la formation des enseignants. Aujourd’hui, les constats de la Cour des comptes viennent confirmer une grande partie de ces alertes.


Aujourd’hui, la Cour des comptes confirme :

  • la façade du paritarisme avec des organisations syndicales et de directeurs dépendantes du SGEC ;
  • le poids excessif du SGEC ;
  • les conflits d’intérêts ;
  • les manquements à la commande publique ;
  • les dérives dans l’utilisation des fonds publics ;
  • le poids anormal des frais de structure ;
  • et l’absence réelle de contrôle de l’État.


Un organisme financé par l’État, mais placé sous influence d'une forme de clergé, logiquement préoccupé, par son objet : la diffusion des éléments de langage d'un culte.


Le rapport décrit une organisation placée « sous la tutelle effective du SGEC », le Secrétariat général de l’enseignement catholique, organe national dépendant de la Conférence des évêques de France.

La Cour considère même que Formiris est « subordonné en pratique » au SGEC.

Ce constat est extrêmement grave : les formations des enseignants rémunérés par l’État ne peuvent pas dépendre des orientations du SGEC et de ses syndicat portant ensemble un projet non-protessionnel, un projet politique, un projet confessionnel.

Les enseignants du privé sous contrat participent à une mission publique d’éducation. Ils sont soumis au devoir de neutralité et aux principes du service public. Leur formation doit donc relever d’un cadre transparent, républicain et pleinement contrôlé par l’État.


Des règles de marchés publics bafouées


Le rapport est également très sévère sur la gestion des marchés.

La Cour des comptes parle d’une « méconnaissance délibérée des règles de la commande publique ».

Ce vocabulaire est particulièrement lourd dans un rapport officiel.

Parmi les exemples relevés :

  • un marché de près de 480 000 € passé sans appel à candidature ;
  • des procédures de mise en concurrence insuffisantes ;
  • des marchés attribués dans des conditions contestables.


Des conflits d’intérêts dénoncés désormais aussi par la cour des comptes


La Cour pointe pareillement un problème majeur de conflits d’intérêts.

Elle décrit un système dans lequel certaines structures proches du SGEC interviennent :

  • dans la définition des besoins de formation ;
  • dans les décisions ;
  • dans l’attribution des marchés ;
  • tout en pouvant ensuite bénéficier de ces mêmes financements.

La Cour parle même de « conflits d’intérêt majeurs ».

Elle recommande désormais d’exclure des instances de gouvernance les structures ayant un intérêt direct ou indirect dans les décisions prises.


C’est une remise en cause profonde de l'activité du SGEC : le détournement du financement public et l'affaiblissement du statut des enseignants, agents publics du Service public d'éducation afin de créer un "enseignement catholique" sur fonds publics.



Un tiers des fonds absorbé par le fonctionnement


L’un des constats les plus préoccupants du rapport concerne les frais de structure de Formiris.

La Cour révèle qu’environ un tiers des dépenses totales de l’organisme est absorbé par son fonctionnement administratif.

En 2023/2024 :

  • les dépenses directement consacrées à la formation représentaient environ 27,6 millions d’euros ;
  • tandis que les frais de fonctionnement atteignaient encore 13 millions d’euros.

Concrètement, cela signifie qu’environ un euro sur trois d’argent public ne finance pas directement les enseignants ni leurs formations.

Plus grave encore, la Cour explique que Formiris a modifié la présentation de ses comptes afin de diminuer artificiellement la part apparente des frais de fonctionnement.

Autrement dit, même ces chiffres déjà très élevés auraient été présentés de manière à apparaître moins importants.


Le rapport critique également :

  • le recours massif à des cabinets de conseil ;
  • des dépenses d’expertise externe ;
  • des prestations informatiques coûteuses ;
  • et certaines dépenses engagées sans véritable concurrence.


Pendant ce temps, les besoins réels des enseignants sur le terrain restent considérables.


Le programme Gabriel également mis en cause. Il permet surtout au SGEC de subtiliser des données personnelles et professionnelles de 140.000 enseignants agents publics et des données personnelles de 2 millions d'élèves.


Le rapport consacre plusieurs pages au programme informatique Gabriel.

La Cour y dénonce une « contribution financière disproportionnée » ainsi qu’une « subdélégation anormale » de fonds publics.

Elle demande explicitement qu’il soit mis fin à ce mécanisme.


Des irrégularités juridiques lourdes


Le rapport évoque également des irrégularités dans la restructuration même de Formiris :

  • procédures irrégulières ;
  • statuts problématiques ;
  • adhésions juridiquement fragilisées.


La Cour laisse même entendre que certains actes pris depuis plusieurs années pourraient être juridiquement fragilisés.



Un contrôle insuffisant de l’État


La Cour ne critique pas seulement Formiris.

Elle reproche aussi à l’État un manque de contrôle manifeste.

Le rapport indique notamment que l’administration ne maîtrisait pas suffisamment les problématiques financières et juridiques de l’organisme et que certaines conventions n’étaient quasiment pas contrôlées.

Cette situation pose un problème démocratique majeur lorsque plusieurs dizaines de millions d’euros d’argent public sont concernés.


Pour une formation publique, neutre et transparente


Le développement des EAFC (Écoles académiques de la formation continue), structures officielles de l’Éducation nationale, apparaît aujourd’hui comme une solution beaucoup plus cohérente avec les principes républicains et les besoins des enseignant(e)s.

La Cour des comptes souligne d’ailleurs que l’ouverture des formations des EAFC aux enseignants du privé sous contrat constitue une évolution positive et améliore la qualité de l’offre proposée.


Le SNEP-UNSA : un travail d’alerte confirmé


Depuis des années, le SNEP-UNSA porte presque seul ce combat pour davantage de transparence et pour une véritable défense des principes du service public dans les établissements privés sous contrat. C'est-à-dire les établissements dans lesquels les directeurs en premier lieu ont réalisé le choix de mettre en œuvre les programmes et instructions officielles du ministère de l'Éducation nationale et de l'agriculture.


Le syndicat avait déjà saisi le Conseil d’État en contestant certaines conventions liant l’État à Formiris.


Le SNEP-UNSA continuera donc à défendre :

  • le respect du caractère professionnel, disciplinaire, de la formations des enseignants,
  • une utilisation rigoureuse de l’argent public ;
  • le respect du principe de laïcité : séparation opérationnelle du ministère de l'Éducation nationale d'avec le SGEC



Lire aussi :

27 janvier 2017, https://www.snep-unsa.fr/reponse-de-la-ministre-au-sujet-du-dispositif-de-formation-professionnelle

25 septembre 2019, https://www.snep-unsa.fr/les-bons-comptes-de-formiris-font-des-heureux-les-enseignants,

6 juillet 2021, https://www.snep-unsa.fr/formiris-courrier-commun-au-ministere-de-l-education-nationale

4 octobre 2023, https://www.snep-unsa.fr/formiris-a-quoi-ca-sert

15 décembre 2023, https://www.snep-unsa.fr/formiris-opus-dei-leadership-vertueux-sur-fonds-publics

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Toujours soucieux de motiver les élèves, le ministère de l’Éducation nationale lance un concours général des collèges pour l’année scolaire 2026-2027, destiné aux élèves de troisième. Une initiative pour le moins surprenante, quand la réussite de tous les élèves devrait être une priorité. Une certaine idée de la réussite Tandis que le Choc des savoirs vit ses dernières heures, on pensait en avoir fini avec l’École du tri social, qui sélectionne les candidats à la réussite. C’était sans compter le dernier projet du ministère pour le collège : un concours national pour valoriser les excellences. Destiné aux élèves de 3e, ce concours a pour objectif de « valoriser les élèves les plus à l’aise » (pour ne pas dire les meilleurs) et leur permettre d’exprimer leurs excellences dans un champ disciplinaire pour lequel ils ont de l’appétence. Que l’on se rassure : il y aura autant de filles que de garçons inscrits au concours, le respect de la parité étant le seul facteur d’égalité de ce concours. L’excellence oui, mais pour les meilleurs, et pas dans toutes les disciplines Le concours général des collèges comportera cinq épreuves possibles en mathématiques, français, histoire-géographie, arts plastiques et informatique, autant de disciplines censées couvrir des formes d’excellence différentes. L’excellence ne se mesurera donc pas en langues, en EPS ou encore en éducation musicale, dont les enseignants apprécieront sans doute le peu de cas qui est fait de leur discipline. Une seule discipline sera choisie par chaque élève, celle où il a envie de se dépasser. Pour l’année de mise en œuvre 2026-2027, le ministère ne compte que sur les collèges volontaires et quelques élèves, même s’il ambitionne que ce concours devienne un vrai projet d’établissement. L’avis du Snep-Unsa Quel sens donner à un concours réservé aux meilleurs élèves du collège, alors que ce lieu d’enseignement est le plus sinistré et celui qui peine le plus à faire réussir ses élèves ? L’échec des groupes de niveau, devenus groupes de besoins, n’a manifestement pas servi de leçon au ministère, qui persiste et signe dans sa volonté de valoriser les élèves les plus en réussite au collège. Le fait d’envisager l’inscription de ce concours dans un projet d’établissement en dit long sur les ambitions du ministère pour le collège, mais aussi sur l’investissement supplémentaire demandé aux enseignants dont l’établissement sera porteur d’un tel projet, sans oublier les moyens en heures supplémentaires mobilisés et le coût de la correction des copies. L’exclusion de certaines disciplines interroge également. Pour le Snep-Unsa, il est inconcevable d’envisager une École qui récompense la réussite des meilleur(e)s tout en étant incapable de la créer pour tous et toutes.
par Snep UNSA 15 avril 2026
Le convention collective 3218, enseignement privé non lucratif, couvre les personnels des établissements d'enseignement privés hors et sous contrat. L’État est le principal financeur via la subvention dite "forfait d'externat" qui permet le versement des salaires des directeurs, adjoints, secrétaire, comptable, surveillance, personnels de maintenance, .... des établissements sous contrat. Malgré ce financement public très majoritaire, les présidents d'association (OGEC) et les syndicats de l'enseignement privé (catholique) agissent sans réels contre-pouvoirs. Les OGEC, premiers financeurs du SGEC L'étude des comptes financiers des OGEC, lorsque ces associations veulent bien respecter leurs obligations légales, montrent des versements annuels aux diocèses, au SGEC, aux organisations de directeurs d'un montant minimal de 70 € par élève et par année. Pour un établissement souhaitant survivre financièrement : un collège avec 1 classe par niveau, une centaine d'élèves cela représente une dime d'environ 7.000 €. Pour un ensemble scolaire de 2.000 élèves, la montant de la dime est à minima de 140.000 € soit l'équivalent d'au moins deux postes de salarié. Comme pour 2025, les organisations présentes, après mise en scène, ont arrêté une augmentation de 0,5% de la valeur du point EPNL C'est-à-dire : - une hausse de +0,5% de la valeur du point, soit un passage à 20,13€, - rattrapage de l'effet Smic et mesures spécifiques pour les bas de grille à points EPNL : -Pour les salariés dont le nombre total de points est égal à 1085 : Bonification exceptionnelle de + 8 points (proratisée selon la durée du travail) • Pour les salariés dont le nombre total de points est égal à 1091 : Bonification exceptionnelle de +4 points (proratisée selon la durée du travail) - Rattrapage de l'effet Smic pour les enseignants hors contrat : pas d’indice inférieur à 371, Cette hausse est insuffisante au regard des capacités financières des OGEC puisqu'elles préfèrent verser une dime, facultative, plutôt que d'améliorer les conditions salariales des personnels, salariés de droit privé. Le Snep UNSA revendique : - Une hausse du point d'indice EPNL au moins égale à l'inflation, - la redéfinition du champ de cette convention dont le nom est trompeur, EPNL ( enseignement privé dit non lucratif ), afin de distinguer le personnel rémunéré indirectement par l'État, de celui relevant réellement de logique lucrative.
par Snep UNSA 23 mars 2026
Les données personnelles mais aussi professionnelles sont devenues des ressources convoitées et lucratives pour qui se les approprient. Le Snep UNSA, syndicat indépendant de l'association Secrétariat général de l'enseignement catholique (SGEC) a déposé une plainte auprès de la CNIL, (commission nationale informatique et libertés) et une information à ce sujet auprès de la tutelle : le ministère de l'éducation nationale au mois de février 2025. De quelles données est-il question ? L'association SGEC, via différents outils et probablement avec seul prétexte le "caractère propre" récupère en particulier les données personnelles et professionnelles des enseignants en situation de précarité. Ainsi les maitres délégués doivent utiliser une plate forme (Caac Web) s'ils veulent obtenir du travail dans un établissement sous contrat catholique. A minima : nom, prénom, date de naissance, nationalité, adresse postales/mail/... situation familiale, nombre d'enfants, diplome, nombre de trimestres acquis à 55 ans, ... sont collectés. Il serait aussi question du stockage d'éléments d'évaluation professionnelle réalisée hors cadre réglementaire. Pourtant l'association SGEC n'est pas l'employeuse des agents publics. La responsabilité de ces transferts au SGEC, balayée par la ministre. Au mois de Mai 2025, madame la Ministre, madame Borne avait apporté une réponse surprenante. Surprenante car le lecteur pouvait comprendre que des données confidentielles ayant trait aux salaires des enseignants étaient transmises par les directeurs d'établissements privés associés à l'enseignement public à l'association SGEC. Pour madame Borne, les responsables de ces transferts sensibles sont les directeurs. La question de la légitimité de ces opérations était balayée notamment en arguant de leur statut de salarié de droit privé. Pourtant les directrices et d'écoles privées sous contrat sont des agent(e)s public(que)s. Ces éléments figurent notamment dans le registre des questions/réponses du Sénat ( ici ). Cela interroge la loyauté des directrices et directeurs, représentant(e)s de l'Etat auprès des personnels. Aujourd'hui les outils informatiques de l'association SGEC auraient été visités ? A lire la communication de cette association et de ses filiales départementales, qui "ne peuvent être regardées comme concourant au service public de l'enseignement"*, il y aurait eu "un accès non autorisé aux données relatives à l’identification des utilisateurs de cette application et aux coordonnées des élèves, de leurs familles et des enseignants"**. La CNIL est questionnée sous la forme d'une plainte par le Snep UNSA depuis un peu plus d'une année, sur la légitimité de l'appropriation des données personnelles et professionnelles des enseignants, concourant au service public de l'éducation. La communication de l'association SGEC est-ce un contre-feu allumé pour se placer en victime ? Le Snep UNSA, avec cet élément nouveau va solliciter une rencontre avec la présidente de la CNIL et demandera à nouveau des explications à monsieur le Ministre, monsieur Edouard Geffray , par ailleurs bien informé des procédures de la CNIL pour y avoir exercé des responsabilités. Contact presse : Franck Pécot 06 52 60 83 11 * lire notamment, https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250404279.html ** communication de l'association SGEC
par Snep UNSA 12 mars 2026
L’État met enfin la main à la poche pour notre prévoyance (compenser la perte de revenu liée un arrêt, une invalidité, voire un décès) mais de manière très timide. Le Snep UNSA s'efforce d'informer la profession au moyen d'une analyse factuelle avec tableaux, synthèses et explications. En effet, il est prévu une cotisation élevée de notre part pour une couverture somme toute ridicule. Concrètement : payer une quarantaine d'euros par mois contre une petite dizaine actuellement pour être moins protégé, Le taux de couverture du salaire passerait de 95% à à 80% au mieux ! Les explications ICI L'actuel prévoyance OGEC est une mince compensation de notre sous statut de non-fonctionnaire (lauréats d'un Crpe privé, Cafep ou Caer). C'est-à-dire sur une carrière, nous perdons au moins 40.000 € soit au moins 80 € par mois. Les explications ICI et ICI Cette prévoyance nous est accordée par notre non-employeur (les OGEC et équivalents). Elle risque de disparaitre en décembre puisque les OGEC qui ne sont pas les employeurs des enseignants (agents publics) souhaitent réaliser des économies. Nous conseillons donc de souscrire à un organisme de type MGEN-MAGE-CNP dès maintenant quand vous recevrez le mail *, ou MGEN (ancienne formule), MAGE , INTERIALE après le 31 décembre 2026**. Si l'accord "OGEC" est maintenu, nous pourrons résilier le contrat devenant inutile. Nous aussi, nous pouvons penser à nous, d'abord. * pour bénéficier de l'abondement de l'Etat, 7 €/mois et l'absence de questionnaire de santé ** pour palier au possible arrêt ou la possible dégradation du contenu de l'accord "Ogec" Lire aussi, https://www.snep-unsa.fr/prevoyance https://www.snep-unsa.fr/perte-de-revenus-entre-enseignants-disposant-du-meme-concours
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