Snep UNSA
30 octobre 2024

[presse] La commission des finances de l'AN vote dans le sens souhaité

Les députés de la commission des finances ont voté, ce mardi 29 octobre, la réintégration des 4 000 postes d'enseignants dont la suppression est prévue par le budget pour 2025. Les députés votent aussi pour la mise en place d'un statut de fonctionnaire pour les AESH, la gratuité  des cantines, du transport scolaire, des sorties scolaires, des activités périscolaires, des manuels ainsi que des fournitures scolaires pour l’ensemble des élèves, des établissements publics. ils ont aussi voté des mesure pour un plan de titularisation des contractuels.


Notre syndicat ne peut que se réjouir de ce vote en commission


Ces différents points seraient financés par la mise à zéro du programme 139, celui qui permet le financement des postes des enseignants des établissements privés associés à l'enseignement public par un contrat avec l’État ainsi que le financement desdits établissements.


C'est bien là que le bat pourrait probablement blesser.


Même si les membres de cette commission ont pris le soin de préciser que "[leur] intention n’est pas de ponctionner le programme 139" et qu'ils [appelaient] le Gouvernement à lever ce gage.". La logique d'opposer ce qui devraient ne former qu'un seul ministère, pourrait en rester à un vote sans lendemain.


D’ailleurs, en l'état de l'avancement des travaux parlementaires, comme le relevait le rapporteur, M. de Courson, l'assemblée nationale pourrait perdre sa prérogative d'initier la loi, ici le projet de loi sur le budget au profit de l'autre chambre.  Dans l'autre chambre, il n'est pas certain que ce vote de la commission soit repris.


Le Snep UNSA souhaite donc que le gouvernement reprenne en les adaptant ces orientations fortes et nécessaires


A la lecture des comptes financiers des associations portant les établissements sous contrat, nous pouvons observer que celles-ci pratiquent des dons à des associations confessionnelles représentées par l'association SGEC (Secrétariat général de l'Enseignement Catholique) au niveau national. Cette forme d’impôt, de taille comme au Moyen Âge, avoisine la somme de 75 € par élève et par an. 2 millions d'élèves sont scolarisés dans les établissements théoriquement associatifs, parfois privés.

Ces associations n'ont donc pas besoin pour fonctionner d'environ 150 millions d'euros. C'est la somme nécessaire pour rémunérer sur une année 12 000 enseignants.


Cette somme sert jusque-là à exercer une forme d'emprise sur les quelques 140 000 agents au travers des outils de ressources humaines créés et contrôlés par l'association SGEC qui, sans contrôles (voir rapport de la Cour des comptes et le rapport parlementaire, tous deux de 2024), œuvre contre la carte scolaire, contre la formation universitaire des agents et pour des affectations d'agents publics soumises aux désidératas confessionnels et/ou de directeurs.


La Cour des comptes dans son dernier rapport note que l'organisation interne du ministère pourrait progresser, "La gestion des enseignants du privé sous contrat, exclusivement financière, demeure un angle mort".

"Pourtant, compte tenu des missions exercées par les établissements qui en relèvent sous le contrôle de l’État, la DGESCO ou la DGRH pourraient davantage intervenir dans le déroulement de carrière des enseignants du secteur privé sous contrat".


"Ainsi, l’organisation de l’administration centrale du MENJ n’offre pas l’image d’un pilotage d’ensemble structuré : elle ne comporte ni pilote unique, ni comité de pilotage RH, ni lettres de mission pour les acteurs centraux de la fonction RH. En l’état, la stratégie RH n’est pas formalisée."


Le Snep UNSA attend donc du gouvernement non pas seulement qu'il organise avec efficacité le fonctionnement du ministère de l'éducation nationale, en particulier sa politique de ressources humaines, mais aussi qu'il ne donne pas de l'argent jusque-là dépensé pour créer un ministère "bis" de l'éducation nationale ou de l'"enseignement catholique".

Nos enfants, nos élèves, les futurs citoyens de notre République méritent de pouvoir disposer d'une seule école. L'argent de l'impôt de tous les Français ne devrait pas être perdu dans les associations à caractère confessionnel qui mettent en avant une "éducation intégrale" plutôt qu'une instruction publique contribuant à l’émancipation.



Contact presse :

Franck Pécot, secrétaire général

06.52.60.83.11


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Toujours soucieux de motiver les élèves, le ministère de l’Éducation nationale lance un concours général des collèges pour l’année scolaire 2026-2027, destiné aux élèves de troisième. Une initiative pour le moins surprenante, quand la réussite de tous les élèves devrait être une priorité. Une certaine idée de la réussite Tandis que le Choc des savoirs vit ses dernières heures, on pensait en avoir fini avec l’École du tri social, qui sélectionne les candidats à la réussite. C’était sans compter le dernier projet du ministère pour le collège : un concours national pour valoriser les excellences. Destiné aux élèves de 3e, ce concours a pour objectif de « valoriser les élèves les plus à l’aise » (pour ne pas dire les meilleurs) et leur permettre d’exprimer leurs excellences dans un champ disciplinaire pour lequel ils ont de l’appétence. Que l’on se rassure : il y aura autant de filles que de garçons inscrits au concours, le respect de la parité étant le seul facteur d’égalité de ce concours. L’excellence oui, mais pour les meilleurs, et pas dans toutes les disciplines Le concours général des collèges comportera cinq épreuves possibles en mathématiques, français, histoire-géographie, arts plastiques et informatique, autant de disciplines censées couvrir des formes d’excellence différentes. L’excellence ne se mesurera donc pas en langues, en EPS ou encore en éducation musicale, dont les enseignants apprécieront sans doute le peu de cas qui est fait de leur discipline. Une seule discipline sera choisie par chaque élève, celle où il a envie de se dépasser. Pour l’année de mise en œuvre 2026-2027, le ministère ne compte que sur les collèges volontaires et quelques élèves, même s’il ambitionne que ce concours devienne un vrai projet d’établissement. L’avis du Snep-Unsa Quel sens donner à un concours réservé aux meilleurs élèves du collège, alors que ce lieu d’enseignement est le plus sinistré et celui qui peine le plus à faire réussir ses élèves ? L’échec des groupes de niveau, devenus groupes de besoins, n’a manifestement pas servi de leçon au ministère, qui persiste et signe dans sa volonté de valoriser les élèves les plus en réussite au collège. Le fait d’envisager l’inscription de ce concours dans un projet d’établissement en dit long sur les ambitions du ministère pour le collège, mais aussi sur l’investissement supplémentaire demandé aux enseignants dont l’établissement sera porteur d’un tel projet, sans oublier les moyens en heures supplémentaires mobilisés et le coût de la correction des copies. L’exclusion de certaines disciplines interroge également. Pour le Snep-Unsa, il est inconcevable d’envisager une École qui récompense la réussite des meilleur(e)s tout en étant incapable de la créer pour tous et toutes.
par Snep UNSA 15 avril 2026
Le convention collective 3218, enseignement privé non lucratif, couvre les personnels des établissements d'enseignement privés hors et sous contrat. L’État est le principal financeur via la subvention dite "forfait d'externat" qui permet le versement des salaires des directeurs, adjoints, secrétaire, comptable, surveillance, personnels de maintenance, .... des établissements sous contrat. Malgré ce financement public très majoritaire, les présidents d'association (OGEC) et les syndicats de l'enseignement privé (catholique) agissent sans réels contre-pouvoirs. Les OGEC, premiers financeurs du SGEC L'étude des comptes financiers des OGEC, lorsque ces associations veulent bien respecter leurs obligations légales, montrent des versements annuels aux diocèses, au SGEC, aux organisations de directeurs d'un montant minimal de 70 € par élève et par année. Pour un établissement souhaitant survivre financièrement : un collège avec 1 classe par niveau, une centaine d'élèves cela représente une dime d'environ 7.000 €. Pour un ensemble scolaire de 2.000 élèves, la montant de la dime est à minima de 140.000 € soit l'équivalent d'au moins deux postes de salarié. Comme pour 2025, les organisations présentes, après mise en scène, ont arrêté une augmentation de 0,5% de la valeur du point EPNL C'est-à-dire : - une hausse de +0,5% de la valeur du point, soit un passage à 20,13€, - rattrapage de l'effet Smic et mesures spécifiques pour les bas de grille à points EPNL : -Pour les salariés dont le nombre total de points est égal à 1085 : Bonification exceptionnelle de + 8 points (proratisée selon la durée du travail) • Pour les salariés dont le nombre total de points est égal à 1091 : Bonification exceptionnelle de +4 points (proratisée selon la durée du travail) - Rattrapage de l'effet Smic pour les enseignants hors contrat : pas d’indice inférieur à 371, Cette hausse est insuffisante au regard des capacités financières des OGEC puisqu'elles préfèrent verser une dime, facultative, plutôt que d'améliorer les conditions salariales des personnels, salariés de droit privé. Le Snep UNSA revendique : - Une hausse du point d'indice EPNL au moins égale à l'inflation, - la redéfinition du champ de cette convention dont le nom est trompeur, EPNL ( enseignement privé dit non lucratif ), afin de distinguer le personnel rémunéré indirectement par l'État, de celui relevant réellement de logique lucrative.
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