Franck Pécot
20 mai 2020

Edito du 20 mai : "rien ne serait plus comme avant" ?

Depuis plusieurs jours, des écoles ouvrent à nouveau leurs portes aux élèves, le plus souvent dans le silence des médias ou alors "face caméra" et masqué. Les enseignant-es et directeur/rices ont dépensé une énergie très importante dans un contexte anxiogène pour retrouver leurs élèves et leurs collègues. 

Le retour progressif des élèves est mis en œuvre par des personnels qui gardent pour eux les doutes, les inquiétudes, les tensions, des pressions et l'épuisement parfois pour que tout se déroule pour le mieux.
Une partie des élèves n'étant pas physiquement là, en classe, nous ne sommes pas dupes sur le fait que des enseignant-es en plus de leur travail dans les établissements les suivent "à la maison" au delà de leurs obligations de service et au delà du raisonnable
Ce n'est pas une surprise pour qui connaît l'engagement individuel et collectif, parfois au delà du raisonnable, des professionnels des écoles et des collèges. Ce n'est pas une surprise pour qui connaît les pressions exercées pour que "le programme soit bouclé pour tous". Les lycées n'ont pas encore re-ouvert aux élèves mais dans les cités scolaires, les préparatifs sont là.
C'est bien cet engagement qui permet de réaliser cette prouesse malgré les conditions matérielles et psychologiques. Le gouvernement aurait tort de s'attribuer une once du mérite et de penser qu'il peut encore demander l'impossible pour la fin de l'année scolaire et la rentrée 2020 à venir. Le dévouement a ses limites.

En demander toujours plus conduirait dans le mur de l'épuisement et de la colère. Dans cette situation exceptionnelle, les personnels, eux, ont pris leurs responsabilités.

Les personnels en situation de précarité, notamment ceux qui tentent de sortir de celle-ci par la voie des concours internes attendent toujours la reconnaissance de leur travail conduit jusque là par une simplification des modalités à l'image de ce qui est mis en œuvre pour les concours internes spéciaux et externes.

Les personnels attendent toujours la reconnaissance de leurs métiers, y compris financière.

Le Président de la République a annoncé que "rien ne serait plus comme avant", y compris son regard sur notre pays  et son système de protection sociale. Les enseignants des établissements privés sous contrat et les directrices/teurs du 1er degré, tous agents publics de l’État, sont en droit d'attendre des actes concrets.

Les personnels de droit privé relevant de l'externat (rémunérés par la subvention publique "forfait d'externat") sont en droit d'attendre la fonctionnarisation qui les mettra à l'abri des turpitudes des usages de l'argent public à d'autres fins comme les déclarations "de chômage" alors que l’État verse toujours la subvention.
Faire payer l’État deux fois pour le salaire et les indemnités de chômage "en même temps" est-il une pratique de l'ancien monde ?


Franck PECOT
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