Snep UNSA
27 avril 2020

Après les avis des collègues et du Conseil scientifique le Snep-Unsa refuse une reprise précipitée

Après un premier avis daté du 20 avril où il déconseillait une reprise avant la rentrée de septembre, le conseil scientifique liste dans un second avis du 25 avril les conditions de mise en œuvre de la décision du gouvernement de rouvrir les écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai.

Sur ces bases, le syndicat a réalisé une enquête rapide auprès de la profession dont les résultats témoignent à minima d'une forte inquiétude à reprendre les cours "en présentiel". 

En effet 83% des 4.968 répondants estiment que la perspective de reprendre l'enseignement en "face à face" leur parait risqué.

L'avis du Conseil scientifique vise à éviter la propagation du virus à la faveur de la reprise des cours et à la maîtriser en cas de suspicion ou de découverte de nouveaux cas. Gestes barrières, désinfection très régulière, distanciation entre les élèves, cloisonnement des déplacements des groupes d’élèves, entrées et sorties quotidiennes normées et échelonnées, protocole en cas de symptômes… les préconisations sont nombreuses. Elles montrent qu’une reprise ne peut se faire qu’avec une organisation stricte, très complexe à construire puis à faire vivre à l’école, au collège ou au lycée et qui peut être très vite remise en cause dès qu’un cas apparaîtra dans les groupes d’élèves accueillis, dans leurs familles ou chez les personnels.
 
Quand on conjugue toutes ces conditions sanitaires aux contraintes de santé ou d’organisation familiale des personnels eux-mêmes, cette reprise apparaît impossible à mettre en œuvre pour le 11 mai et, repoussée au-delà, elle ne peut être que très partielle et restera très fragile.  Les collègues ayant eu l'occasion de répondre le confirment tout en pointant certains aspects :
  • seulement 8 % des répondants estiment que leurs élèves pourraient respecter la consignes de distanciation physique,
  • seulement 10 %  estiment disposer du petit matériel nécessaire compte tenu des règles sanitaires récentes, 
  • seulement  11 % des enseignants d'EPS estiment disposer de vestiaires conformes compte tenu des nouvelles contraintes,
  • seulement 9 % des enseignants en écoles estiment disposer de salles de sieste conformes compte tenu des nouvelles contraintes,
  • seulement 17 % des enseignants en écoles estiment disposer de salles de motricité conformes compte tenu des nouvelles contraintes,
  • pour 25% des répondants, l'espace de transition pour l'accueil des enfants et leur départ est suffisamment grand compte tenu des nouvelles contraintes,
  • 21 % des répondants exerçants dans les ateliers des lycées professionnels et technologiques estiment que l'usage des "machines" est possible ;
A noter que 63 % des collègues répondants nous disent que leur établissement a proposé l’accueil des enfants de soignants. 16 % y ont participé, 14% ont estimé les conditions sanitaires satisfaisantes.

Une reprise large et rapide, dans des conditions sanitaires désormais fixées qui semblent quasiment impossibles à mettre en oeuvre risque surtout de se heurter à de nombreuses impossibilités et dégrader la « continuité pédagogique » mise en œuvre depuis le mois de mars. Pour le Snep-Unsa, à la lumière de cet avis du conseil scientifique, il faut que l’exécutif sache dire qu’une reprise large ne pourra pas avoir lieu avant septembre, et ceci en la préparant dès maintenant avec tous les acteurs de l’École.
 
Pour la fin de l’année scolaire, la priorité doit être de poursuivre et soutenir la continuité pédagogique, d'étendre à tous les établissements privés sous contrat la relation de confiance avec les collectivités. En effet, à l'occasion de cette pandémie nous avons eu l'occasion d'observer le traitement "à égalité" entre les personnels lorsqu'il s'agissait de partager l'accueil des enfants des personnels requis pour la lutte contre la pandémie.

Nous pensons qu'il est nécessaire d'élargir, sous réserve des avis sanitaires, l’accueil qui s’est mis en place depuis le mois de mars. L’appropriation des contraintes sanitaires et le temps donné aux équipes pourraient leur permettre d’envisager comment retrouver de façon échelonnée leurs élèves afin de voir avec eux comment ils vont scolairement mais aussi psychologiquement, socialement et du point de vue de leur santé.
 

Comme la fédération Unsa-Éducation, le Snep-Unsa fait connaître ses réactions à l’exécutif. Le Premier ministre présentera son plan global de déconfinement mardi 28 avril puis le ministre devrait rencontrer les organisations syndicales. Le Snep-Unsa alerte sur le niveau d’inquiétude et de tension extrêmement fort dans une profession qui subit et s’adapte dans l’urgence depuis début mars, sous le coup d’annonces diverses, variées et parfois contradictoires. Sans oublier les injonctions d'une association qui se prend pour le ministère, voir ICI).

Le Snep-Unsa s’oppose à un retour précipité des élèves en classe selon des modalités impraticables et imposées aux personnels qui ont des craintes légitimes pour leur propre santé et celle de leurs élèves.



Télécharger le communiqué de presse Télécharger les résultats complets

Pour aller plus loin :


Enquête express : réalisée entre le 26/4/2020, 17h et le 27/4/20, 15h30, en adressant un lien internet aux agents.


La perspective de reprendre l'enseignement en "face à face" : ?
te paraît nécessaire 742    14.94%
te paraît risquée 4129       83.11%
Sans réponse   97               1.95%
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