Franck Pécot
14 mai 2020

Edito du 14 mai

Edit

Les enseignants ne veulent pas subir la communication politique.


Dans cette situation boulversée, rien n'est satisfaisant, qu'il s'agisse de laisser ses propres enfants retourner à l'école ou les faire garder à la maison, retourner exercer "en présentiel" ou rester "à distance", il est difficile de prendre une décision.

Apprendre à vivre avec ce virus, même temporairement, est synonyme de renoncer à une partie de nos objectifs de vie personnelle et de vie professionnelle. Nous ne retrouverons pas nos collègues "comme avant". Il sera difficile de maintenir nos habituelles actions pédagogiques qui répondaient aux objectifs didactiques, éducatifs et sociaux. Pour autant nos actions doivent conserver un sens pédagogique.

Force est de constater que les discours gouvernementaux, leurs atermoiements et revirements, la pression de parents, les pressions exercées par des associations liées à telle ou telle église (SGEC, DDEC) qui cherchent à se prendre pour le ministre, le recteur, le DASEN, l'IEN,  développent la culture du débrouille toi toi-même.  Une certaine forme de fatalisme peut se développer. A contrario, l'inventivité et le sens des responsabilités qui passe aussi par refuser des situations ubuesques apparait.

Il y a un bien un problème de gestion de la crise dans toute l'éducation nationale et notamment dans les établissements privés associés à l'enseignement public par contrat. Depuis deux mois l’École et ses personnels vit au rythme des annonces, des passages sur telle ou telle chaine d'"informations en direct" ou d'une interview du ministre dans tel journal. Dans les établissements, nous entendons les bruits et rumeurs de gens "bien informés" car ils connaissent untel qui a vu quelqu'un au ministère ou de l'autre qui connait le directeur diocésain qui a dit que l'association SGEC dit que. Le tout avec des échéances intenables dans le 1er degré.
De cette cacophonie, les enseignants peuvent avoir le vif sentiment d'être appelés à fonctionner pour servir les désirs de parents pressés de leur renvoyer leurs enfants, pour servir des associations cherchant à exister à tout prix, pour servir la communication ministérielle ou l'égo de quelques uns.  Et l'Ecole dans tout cela ? et leurs personnels ?

Faire, défaire, c'est toujours travailler, se montrer, faire parler de soi, c'est obsessionnel.  Le Snep-UNSA, collectivement avec les syndicats de l'UNSA et parfois même avec des organisations prônant le séparatisme scolaire, a eu l'occasion d'alerter le ministère sur les conditions vécues par les personnels. Il aura l'occasion de demander, encore, des objectifs de moyen terme et l'apaisement médiatique.

C'est de cela dont les personnels et les élèves ont le plus besoin.


Franck PECOT
Secrétaire général Snep UNSA

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