Snep UNSA
13 novembre 2020

Aux organisations de l'"enseignement catholique" : respectez-nous, cessez vos intrusions

Le Snep-UNSA s'est efforcé de réaliser un bilan du premier confinement : fatigue des enseignants soumis à des ordres et contre-ordres, préconisations plus ou moins obligatoires parfois intenables, sous-équipement numérique, appels à la messe, etc ...  

Puisqu'un deuxième confinement se met en place, pour une durée indéterminée, nous ne voulons pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Nous voulons d'abord rappeler que de hiérarchie il n'y en a qu'une seule et que la consigne, officielle, donnée d'organiser la continuité pédagogique n'est pas de l'enseignement à distance. 

Nous avons donc écrit à cette hiérarchique parallèle, qui au travers d'associations, cherche à passer pour l'autorité de la République.


La fatigue liée à l'usage du numérique

Intervenir auprès des élèves à distance ne requiert pas la même préparation, les mêmes contenus que lors d'un cours traditionnel, dans les murs de l'établissement. Lors du premier confinement nous avons eu l'occasion d'observer les consignes données par des directions de faire cours à distance via des outils de visio-conférence Zo...m, Tea...s au même rythme que lors des cours habituels.

Depuis la rentrée de septembre, des directions font l'acquisition de ces mêmes outils afin que les élèves suivent en groupe complet ou en demi-groupe des cours à distance.

Or ce n'est pas la fonction d'un directeur d'établissement. Puisqu'il a sollicité un contrat d'association à l'enseignement public, l'Etat attend de lui qu'il organise une continuité pédagogique lorsqu'il y a une diminution de la jauge de l'établissement (50% d'effectif présent).
L'enseignement à distance n'est pas la fonction d'un enseignant.  L'Etat attend de lui qu'il participe à maintenir une continuité pédagogique lorsqu'un demi-groupe est encore présent dans les murs.

De plus le flou du cadre juridique de l'usage des outils numériques,  notamment le droit à l'image, doit nous appeler à une grande vigilance.

L'usage des messageries professionnelles

Nous observons que les organisations ayant librement consentie à adhérer à l'association "comité nationale de l'enseignement libre" (ou catholique on ne sait pas précisément), persistent à nous faire part de leurs demandes via notre boite à lettre électronique du Rectorat et de l'établissement.
Nous comprenons ce souhait commun de tenter de se faire passer pour l'autorité, mais nous n'acceptons ni la méthode, ni le fond du message, encore moins lorsqu'il est question de prosélytisme religieux.

Lors des commissions pour l'avancement accéléré d'échelon, pour le passage à la hors classe ou pour la promotion à la classe exceptionnelle,  ces mêmes directeurs et représentants des enseignants sont bien heureux de bénéficier du cadre et du contrat de l'Etat. A ce moment là ils ne revendiquent plus d'appartenir à l'"enseignement catholique" ils ne contestent plus, à ce moment là, l'autorité du Recteur, du DASEN.

Nous avons donc écrits aux membres de l'association CNEL* (comité national de l'enseignement libre) pour leur demander de cesser d'utiliser nos messageries professionnelles.

En effet, depuis le premier confinement nous avons dénoncé l'usage de la messagerie interne afin :

•    d'interpréter ou retransmettre plus ou moins fidèlement les consignes officielles,
•    de réaliser du prosélytisme religieux;


* : snceel, synadic, unetp, cfdt, cfdt, spelc,  etc ... voir ici

Voir le courrier

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