Snep UNSA Toulouse

29 octobre 2020
De la chair à canon ?
La prochaine rentrée devait avoir lieu dans des circonstances particulièrement tragiques à la suite de l’horrible assassinat de notre collègue Samuel Paty. Vient s’ajouter à ce contexte, la crise sanitaire et en particulier le renforcement du protocole dans nos établissements.
Voilà deux semaines que l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine a eu lieu. Il a fait resurgir le spectre du « pas de vagues », ainsi que la fragilité dans laquelle est laissé le corps enseignant face à des problèmes de fond comme celui de la laïcité. La société compte sur l’éducation pour apporter des solutions, mais elle oublie que celles qu'apportent un enseignant viennent en aval de nombreuses autres choses. Les enseignants interviennent à la fin d'un lent processus, en amont duquel l'on devrait trouver la cellule familiale, les services sociaux, et surtout le respect de l'autorité dont la République devait être garante !
Nous envoyer lutter contre le fanatisme dans les circonstances actuelles, revient à demander aux soldats Français de combattre au Mali avec un livre et un stylo.
C’est dans ce contexte peu réjouissant que l’on va encore demander des efforts supplémentaires aux enseignants. En effet, la crise sanitaire impose au gouvernement de prendre la décision d’un nouveau confinement, sauf pour les écoles, les collèges et les lycées.
Nos élèves et nos collègues ont-ils une immunité particulière que l’on ne trouverait pas ailleurs ?
À l’heure où ces lignes sont écrites, le détail du nouveau protocole sanitaire n’est pas encore donné. Pourtant il est déjà certain qu’il va à nouveau bousculer l’organisation de chacun, obligeant à mobiliser l’énergie et la capacité d’adaptation des enseignants.
Enfin rappelons que tous ces efforts sont demandés par le gouvernement. Lequel reste particulièrement ferme face à la revendication principale du SNEP-UNSA : un statut unique pour tous les enseignants soumis aux mêmes obligations. C'est notre contribution à la valorisation d'une profession rassemblée via le statut de fonctionnaire.
Le dernier refus portait sur la transparence
dans l’utilisation des listes complémentaires des concours de recrutement.
À l’heure où nous semblons si essentiels, ne serait-il pas temps, pour nous aussi, de faire preuve de fermeté

















