Snep UNSA
21 décembre 2020

[presse] Les enseignants, des endoctrineurs, des idéologues ?

Devant la représentation nationale, le 17 décembre, le ministre de l’Éducation nationale, jean-michel Blanquer, dit d'enseignants qu'ils cherchent à endoctriner des élèves, qu'ils cherchent à leur faire partager une idéologie.

Oui c'est exact, les enseignants sont là pour cela, c'est leur métier, selon les instructions du ministre et dans le cadre des programmes de l'éducation nationale après validation des projets pédagogiques par les corps d'inspection. Pourtant dans le silence ministériel, des Clergés s'adonnent depuis bien longtemps au ségrégationnisme scolaire et au prosélytisme politique et religieux.

Monsieur le ministre voulait-il probablement évoquer le catéchisme rendu obligatoire dans de nombreuses écoles privées sous contrat d'association, chaque semaine de l'année scolaire et depuis des années ? Nous appelons cela la "28ème heure".  Une heure de bénévolat contraint pour des agents publics tenus à réaliser 27 heures.

Monsieur le ministre voulait aussi parler des messages obligatoires en guise d'hommage à monsieur Paty ? Il ne l'a pas dit explicitement.  Ces incidents dans les établissements sous-contrat sont-ils rapportés dans les statistiques du ministère ?
Peut-être que non car pour certaines "équipe laïcité" des rectorats : un temps de messe peut légitimement faire partie du projet pédagogique des établissements privés sous contrat !

Peut-être que non car pour que les faits soient connus encore faut-il que les directeurs concernés les signalent à l'administration. Dès lors qu'ils sont à l'origine de ce prosélytisme, iront-ils jusqu'à s'auto-dénoncer ?

A moins que monsieur le ministre n'évoque la formation professionnelle des 140.000 agents publics qui dès la formation initiale sont tenus d'accepter la mission d'évangélisation attendue d'eux ? Les instituts de formation catholiques auxquels monsieur le ministre confie aveuglément la formation professionnelle sans s'assurer* des programmes, des titres et qualités des formateurs, prévoient des modules spécifiques dans ce sens, modules qui visent l'objectif de créer "l'école de Dieu".  Le tout sur fonds publics ...

Et si les enseignants, agents publics ne souhaitent pas participer au prosélytisme ? Les structures confessionnelles ont le choix des armes : refus de l"'accord collégial", pertes d'heures de contrat,  transformation d'heures de contrat en heures supplémentaires**, refus de demande de formation, refus de demande de mutation, pression sur les emplois du temps, avis négatifs pour les promotions, ...

En l'état du projet de loi "respect des principes de la République", les associations confessionnelles qui vivent de l'argent public tout en disposant d'une gamme de pressions sur les enseignants agents publics, ont toute latitude pour utiliser des établissements privés sous contrat d'association à l'enseignement public comme des lieux de ségrégation scolaire, des "écoles de dieu"*** contribuant au séparatisme.

L'insuffisante mixité sociale peut conduire à la constitution de communautés relativement homogènes, porteuses du risque de pressions sociales, notamment religieuses, mettant ainsi à mal la cohésion nationale et la laïcité elle-même.

Il est effectivement temps que l'ensemble des enseignants "endoctrine" les élèves du Service public c'est-à-dire mette en place les conditions d'adhésion aux valeurs de notre République : indivisibilité, laïcité, démocratique et sociale. Cela commence par s'assurer du caractère républicain de la formation professionnelle des agents.



* les associations confessionnelles (SGEC, ...) choisissent les contenus de formation, les formateurs qui se voient délivrer par elles un diplôme enregistré au RNCP.  Le ministre, lui, paye sur fonds publics et refuse de contrôler le dispositif.

** depuis la loi TEPA de M. Sarkosy, les enseignants agents publics de l'Etat sont les seuls salariés à pouvoir être rémunérés en heures supplémentaires bien qu'ils soient en temps incomplet.

*** instruction donnée par l'association SGEC suite aux demandes du Pape Francois


Plus de détails ?  les "incontournables" imposés par la structure catholique dès lors que les enseignants ne sont plus formés en IUFM, en ESPE, en INSPE  mais désormais formatés en ISFEC :


"Servir l'Eglise" pour les enseignants prétendant passer un concours de la fonction publique (ISFEC) Servir l'Eglise lorsque l'ont est un enseignant, agent public, stagiaire afin d'entretenir l"'Ecole de Dieu" (ISFEC)
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