Snep UNSA
20 avril 2023

NON Revalorisation des enseignants : Perte de pouvoir d'achat et travailler plus

Comment redonner envie d’exercer les métiers d’enseignant ? Le président avait plusieurs mois pour y répondre ! C’est avec retard et en oubliant sa promesse, qu’il a rendu sa copie.


Ses annonces grand public de ce jeudi 20 avril réussissent le tour de force de crisper toujours plus la profession malgré un budget global du ministère (dont SNU) qui aurait dû permettre de l’apaiser.

 S’il y a consensus sur le cruel manque de candidats aux concours et sur les envies toujours plus importantes de quitter le métier, s’il y a un constat partagé objectif sur les écarts de rémunérations femmes/hommes, 1er/2d degré, s’il y a des enquêtes du ministère démontrant que le temps de travail réel avait déjà explosé, cela n’a pas suffi à s’accorder sur les enjeux et les solutions.


Le président a décidé de ne pas entendre et de ne pas comprendre les raisons de cette perte d’envie et de sens du métier. Dès lors, les dés de la discussion sont pipés. Les objectifs de lier attractivité et amélioration du service public sont inatteignables.


Doubler le montant de l'ISAE / ISOE correspond à une augmentation de moins de 4%


C'est 1,2 points de moins que l'inflation annuelle en 2022 (5,2%)


C'est maintenir l'inégalité, 1er et 2d degré, c'est maintenir l'inégalité salariale femmes - hommes


  • Amélioration des reclassements ?

    ✅ Une meilleure prise en compte des carrières antérieures :  2/3 du temps d'activité en temps que salarié de droit privé pris en compte pour le reclassement après réussite au concours d'enseignant

  • Améliorations du déroulé de carrière ?

    ✅Augmentation du taux de promotion à la HC (de 18% à 23% en 2025),

    ✅Amélioration du passage à la classe exceptionnelle avec un taux de promotion portée à 10,5% en 2023 et la fin du contingentement en 2024


    - Ce que nous demandions -



 
Reconnaitre financièrement le travail des personnels est indispensable. Ne pas compenser entièrement les pertes de pouvoir d’achat, tout en conditionnant une partie de l’enveloppe à « un travailler plus pour gagner plus » est une provocation.

Conditionner l'obtention d'un revenu supplémentaire, pour palier à la non-compensation de l'inflation, à un travail supplémentaire est une provocation

Provocation car les enseignants français ont ceci de spécifique qu’ils ont les heures d’enseignement annuelles parmi les plus élevées de l’Union européenne (UE), concentrées sur un nombre de jours de cours parmi les plus faibles, et devant les classes les plus chargées. C’est particulièrement vrai dans le premier degré, où les professeurs des écoles ont, de loin, le temps d’enseignement le plus élevé de l’UE.

Provocation car nous constatons une extension régulière des tâches des professeurs, avec notamment une bureaucratisation qui n’existait pas auparavant.

Provocation car l'augmentation de la charge de travail induite notamment par le suivi individualisé d'élèves dont l’hétérogénéité des niveaux et des motivations ne fait qu'augmenter.
Un suivi individualisé qui s’avère d’autant plus lourd qu’un nombre croissant d’élèves en situation de handicap est accueilli dans les classes ordinaires : 409 000 en 2020, contre 134 000 en 2004, juste avant la loi pour l’inclusion scolaire, en 2005.
Cette loi aurait dû s’accompagner d’un allègement substantiel de la charge de travail des enseignants, puisqu’ils accueillent désormais des élèves demandant plus d’attention. Or, on voit que l’inverse se produit.

  • Dans le privé sous contrat, une probable organisation opaque dans la répartition des "missions complémentaires" entre enseignants

    Dans ses annonces, le président, prévoit une organisation transparente de la répartition des missions complémentaires entre enseignants via les instances officielles.


    Comme pour les IMP, l'absence d'instance légale de concertation pourrait produire les mêmes effets : opacités et distribution aux proches de la direction.

Augmentation probable du sentiment d'épuisement professionnel


Mais à force d’intensifier le travail, soit les enseignants le font moins bien, soit ils font peser des risques sur leur santé. C'est d'ailleurs la conclusion de la dernière étude du ministère de l’éducation sur le sujet, la moitié des enseignants déclare déjà un sentiment "d’épuisement professionnel élevé".


Un président de la République qui agit comme s'il ne connait pas le métier et un ministre qui essaye de vendre le produit.


L’avis du Snep-Unsa
 
Les pertes de pouvoir d’achat dues à l’inflation ainsi que toutes celles accumulées depuis plusieurs années, ne seront donc pas rattrapées. En effet, depuis plusieurs années, l’exécutif a refusé de faire progresser la valeur du point d’indice et de préserver ainsi le pouvoir d’achat des agents publics, fonctionnaires et contractuels (dont les suppléants).


De plus, ces choix démontrent une fois encore l’incapacité du président de la République à comprendre les enjeux et les réels besoins de l’École et de ses personnels.
 
L’École a besoin que lui soit redonnés des moyens pour l’essentiel, c’est-à-dire sur les temps de classe. Elle a besoin que les conditions d’exercice s’améliorent partout sur le territoire, et en particulier là où les conditions d’exercice sont les plus difficiles.
 
À aucun moment l’exécutif ne semble s’interroger sur les raisons de la désaffection et des désillusions.
Parmi toutes les raisons, deux sont majeures :

  • Le niveau de rémunération des enseignants reste inférieur, à diplôme équivalent, sur le marché du travail.
  • Les conditions d’exercice se dégradent - y compris en raison des actions de l’employeur - avec de plus en plus d’injonctions et de moins en moins de moyens pour réussir leurs missions d’enseignement.


En lieu et place, le président a fait des annonces péremptoires et illusoires adressées aux parents d’élèves pour leur promettre qu’il n’y aurait plus de problème de remplacement à la rentrée et que le recours aux heures supplémentaires allait résoudre les difficultés et les défis majeurs auxquels l’École est confrontée.


Les annonces :

https://www.education.gouv.fr/revalorisation-des-remunerations-des-carrieres-et-des-missions-des-professeurs-ce-qui-change-la-377936

  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
  • Titre de la diapositive

    Écrivez votre légende ici
    Bouton
par Snep UNSA 1 juillet 2026
Captation de données personnelles, informations aux directrices et directeurs, votre responsabilité peut être engagée.
SGEC fuite de données confidentielles de 140.000 enseignant(e)s et 2 millions d'élèves
par Snep UNSA 1 juillet 2026
SGEC fuite de données confidentielles de 140.000 enseignant(e)s et 2 millions d'élèves
par Snep UNSA 24 juin 2026
Canicule : les organisations syndicales demandent des normes nationales
Du privé vers le public
par Snep UNSA Toulouse 22 juin 2026
Du privé vers le public en temps que contractuel définitif, c'est possible
par Snep UNSA Rennes 22 juin 2026
Et pour cause, il n’existe pas de « mise à pied » mais de suspension administrative que seule l’employeur (et donc le Rectorat) peut activer dans l’échelle des sanctions.
par Snep UNSA Bretagne 22 juin 2026
Qu'on se le dise, l'enseignant(e) est maitre(sse) dans sa classe, le diocèse n'y a pas sa place.
par Snep UNSA 19 juin 2026
[presse] FORMIRIS le paritarisme douteux entre Eglise - Syndicats et le Ministère de l'éducation nationale enfin dénoncé
par Snep UNSA 18 juin 2026
FORMIRIS : Le rapport de la cour des comptes confirme les alertes portées depuis des années par le Snep UNSA
L'assemblée nationale en première lecture a adopté, à l'unanimité, une proposition de loi (PPL)
par Snep UNSA 5 juin 2026
Protection de l'enfance, un projet de loi prometteur
par Snep UNSA 4 juin 2026
EVARS : le Snep UNSA demande au ministère l'extension de l'agrément officiel à toutes les associations intervenantes
Plus d'informations