Rapport Calvez-Marcon sur la voie professionnelle

23 février 2018

 

Un rapport « voie professionnelle scolaire » qui nous semble incomplet et plein de partis-pris contre la formation sous statut scolaire.

 

 

Après l’annonce des « 20 mesures pour transformer l’apprentissage », le rapport sur la voie professionnelle scolaire qu’ont remis Céline Calvez et Régis Marcon à Jean-Michel Blanquer le 22 février, ne lève pas nos inquiétudes quant à l’avenir des lycées professionnels. Nous ne voulons pas être réduits à accueillir les jeunes qui ne seraient pas, ne seraient plus ou ne pourraient pas être en apprentissage.

 

Le rapport propose plusieurs leviers pour développer la formation en apprentissage en dehors ou au sein des lycées professionnels, partant du présupposé que la formation en apprentissage serait préférable à la formation sous statut scolaire.

 

Nous contestons ce parti-pris.

 

La formation en apprentissage est sélective, à l’entrée car elle exige de trouver un employeur et pendant la formation car elle demande une forte autonomie. C’est au prix de cette sélection qu’elle peut afficher des taux d’insertion supérieurs à ceux de la voie scolaire. La voie professionnelle accueille pour sa part tous les jeunes sans discrimination aucune et les conduit dans leur immense majorité à une qualification de niveau V ou IV.

 

Le syndicat n'est pas opposé à l’apprentissage qui peut être une modalité de formation adaptée à certains parcours. En revanche, il est opposé à l’ouverture de formations en apprentissage en substitution de formations sous statut scolaire. Il est aussi opposé à une mixité imposée des parcours ou des groupes d’enseignement.

 

Par ailleurs, face à l’hétérogénéité grandissante des compétences et des objectifs des lycéens, le rapport avance plusieurs propositions qui peuvent constituer une base intéressante de discussion pour faire évoluer les formations CAP et Bac-Pro comme la spécialisation progressive et les modules d’accompagnement différenciés en terminale.

 

 

Nous avons cherché, en vain, dans ce rapport les mesures susceptibles d’améliorer les conditions de travail des enseignants en lycée professionnel. Effectifs raisonnables en enseignements généraux, formations pour mieux répondre aux besoins éducatifs particuliers, pondération en cycle terminal comme leurs collègues des voie générale et technologique, de toutes ces attentes des PLP, il n’est pas question.

 

Nous n'avons pas trouvé non plus de préconisations quant à l'augmentation du volume horaire dédié aux matières professionnelles. Nos collègues avaient pourtant pointé ce problème lié aux choix politiques du ministre Darcos : au prétexte d'une prétendue "égale dignité", il avait fait le choix de réduire parfois de 25% les temps de pratiques professionnelles. Les professionnels des métiers (tuteurs) ne manquent pas de nous le rappeler lorsque nous allons faire les bilans de stage (PFMP) des élèves ...

 

Il est curieux de préconiser l'"alternance" censée augmenter le temps de pratique professionnelle et ne pas vouloir remettre à niveau le temps d'enseignement professionnel sous statut scolaire amputé par la précédente réforme.

 

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